Le poisson zèbre

Un poisson zèbre en vadrouille

Communauté de pensée

morrison.jpgjoan.jpg

Il y a quelque chose d’extrêmement satisafaisant à rencontrer jour après jour des gens que vous aimez, que vous estimez, personnellement ou professionnellement, des gens avec qui vous partagez des valeurs et une même façon de voir les choses, et qui vous disent qu’ils soutiennent le même candidat que vous aux élections municipales. C’est encore bien mieux quand vous voyez bien que ce n’est pas pour vous faire plaisir, mais par adhésion entière et véritable aux idées défendues par Patrick Mottard et sa liste « Nice Autrement ». Vous vous dites forcément: « Ce n’est pas un hasard si j’apprécie ces gens ».

J’ai la même impression de « communauté de pensée » lorque je vois qui soutient Barack Obama aux Etats-Unis. Joan Baez et Toni Morrison en sont deux exemples touchants pour moi. On ne présente plus la première, vous allez dire que c’est mon côté hippie qui ressort mais tant mieux. Quant à Toni Morrison, prix Nobel de littérature, si vous ne la connaissez pas encore, courez acheter ses livres, même s’ils sont un peu déroutants dans leur style et leur construction. Mais faites un effort, c’est un monument incontournable. Vous allez souffrir, les thèmes sont durs, mais c’est l’un des écrivains américains qui sait le mieux accéder à la noirceur comme à la beauté des âmes.

Bref, ça me fait plaisir de vois que ces deux grandes dames ont choisi Obama.

Voici des extraits de leur soutien:

Toni Morrison

Dear Senator Obama, this letter represents a first for me–a public endorsement of a Presidential candidate. I feel driven to let you know why I am writing it. One reason is it may help gather other supporters; another is that this is one of those singular moments that nations ignore at their peril. I will not rehearse the multiple crises facing us, but of one thing I am certain: this opportunity for a national evolution (even revolution) will not come again soon, and I am convinced you are the person to capture it.

Joan Baez

I have attempted throughout my life to give a voice to the voiceless, hope to the hopeless, encouragement to the discouraged, and options to the cynical and complacent. From Northern Ireland to Sarajevo to Latin America, I have sung and marched, engaged in civil disobedience, visited war zones, and broken bread with those who had little bread to break. Through all those years, I chose not to engage in party politics. Though I was asked many times to endorse candidates at every level, I was never comfortable doing so. At this time, however, changing that posture feels like the responsible thing to do. If anyone can navigate the contaminated waters of Washington, lift up the poor, and appeal to the rich to share their wealth, it is Sen. Barack Obama. If anyone can bring light to the darkened corners of this nation and restore our positive influence in world affairs, it is Barack Obama. If anyone can begin the process of healing and bring unity to a country that has been divided for too long, it is Barack Obama. It is time to begin a new journey.

Source barackobama.com

Pour rappel, le nouveau site de Nice Autrement avec Patrick Mottard, ici.

mars 2, 2008 Posted by | America, Coups de coeur | 3 commentaires

Pas condamnés à l’échec (Kery James)

(remarque: les habitués du blog vont peut-être y reconnaître un de mes chouchous, mais ce n’est pas seulement pour ça que j’ai mis cette vidéo) .

Plus d’infos sur l’idée concrète de Kery James ici

février 13, 2008 Posted by | Coups de coeur | Laisser un commentaire

ça bouge avec « Nice autrement »!

s5031893.jpg

Ce dimanche, l’équipe de « Nice Autrement » a couru la Prom’ Classic, et en a profité pour présenter son programme municipal pour le Sport. A cette occasion, nous avons rencontré des blogueurs amis! (voir photo ci-dessus).
Pour vous mettre ou vous remettre dans l’ambiance, voici une vidéo (cliquez sur le lien bleu ci-dessous), tournée par Dominique, la preuve en image!

s5031859.jpg

Mottard 2008 prom’ classic
Uploaded by karamazov

une autre vidéo rigolote ici, par Richard!

janvier 8, 2008 Posted by | Coups de coeur | 11 commentaires

Le phare Val

val49.jpg

Il reste encore quelques vidéos “11 septembre” avec des filles notamment (ben oui, on n’en a pas eu beaucoup!). Il n’empêche que je vais encore faire un petit entracte, non pas pour rouspéter, ce qui ne sert pas à grand chose, mais pour avouer mon adoration quasi sans bornes et sans limites pour l’un de mes journalistes préférés, Philippe Val of course. J’exagère? Oui sans doute. Mais quand même. Parce que bon, je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai besoin de temps en temps d’avoir un genre de phare, un port ou une balise Argos des idées, dans ce foutoir intégral qu’est l’actualité.
Des phares, ou des ports, j’en ai plusieurs autour de moi, heureusement. Mais je trouve ça rassurant de se dire qu’il y a, dans les grands médias, quelqu’un qui pense à peu près tout le temps comme soi. Oui je sais, c’est bien d’être derangé dans ses convictions, patati et patata, mais il est bon tout de même d’avoir quelques fondamentaux, quelques principes, quelques personnes sur lesquelles on puisse compter.
Val c’est mon phare, ma balise Argos. Au moins depuis “Allez-y vous n’en reviendrez pas”. Et même s’il m’a un peu énervé sur la forme lors de la campagne du TCE (mais pas sur le fond, j’étais oui-ouiste comme lui).
Donc voilà, aujourd’hui, édito de Val dans Charlie Hebdo, sur les tests ADN, sur ce qu’est la filiation et sur le sentiment de honte que cette seule idée de tests devrait faire naître chez nos concitoyens. Ce papier fait partie d’une série sur ce que devrait constituer les différences entre la droite et la gauche, même si, sur ce point particulier, l’idée des tests ADN différencierait plutôt les républicains (de droite et de gauche) des fascistes qui s’ignorent.

Je ne l’ai pas écrit hier car je ne pensais pas que le texte allait passer à l’Assemblée (niaise que je suis de croire les députés UMP…), mais pour info, il y a une pétition contre les test ADN sur le site de

septembre 19, 2007 Posted by | Coups de coeur | 12 commentaires

Les 50 bougies de « Sur la route »

kerouac.jpg

Il y a 50 ans paraissait « Sur la route » de Jack Kerouac. A cette occasion de nombreuses manifestations (festivals, lectures…) sont organisées à Boulder, Colorado, un haut lieu de la Beat Generation. Si vous ne pouviez pas y être, et bien voici un super blog lancé par un photographe français en voyage, spécialement sur le sujet. Beaucoup de belles photos, et une atmosphère qu’on envie!!!

août 8, 2007 Posted by | America, Coups de coeur | 4 commentaires

Baya

Brian Calvez, alias Baya, est graphiste illustrateur free lance. Il a commencé par des études de lettres modernes et de commerce, mais s’est résolument tourné vers le dessin, l’illustration, l’écriture et la musique par besoin de créer.

Il peut travailler pour des maisons de disque, des maisons d’édition, pour de l’évènementiel aussi (affiches, flyers…).

Pourquoi est-ce que je parle de lui plutôt que d’un autre? Parce que Baya mêle les techniques traditionnelles (peintures, scans de textures, photos) à l’outil informatique, et aime brouiller les pistes, fondre les frontières… Des « dessins/photos/tableaux » fantastiques, magiques et poétiques, où poussent des arbres bizarres, des immeubles fantômatiques, des créatures étranges et parfois des enfants un peu tristes. Ce qui fait que Baya est à la fois intemporel et moderne, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Regardez le mini-clip que j’ai fait avec les photos de ses oeuvres, moi j’aime beaucoup beaucoup et je lui souhaite beaucoup de succès.

Son site: http://www.rebouchecrayon.canalblog.com/

juin 24, 2007 Posted by | Coups de coeur, Peinturlurage | 5 commentaires

David Chemla

david-chemla.jpg

Hier j’ai écouté un homme remarquable, David Chemla, auteur de “Bâtisseurs de paix” et président en France de La Paix Maintenant. Il était invité par l’antenne niçoise de l’association à l’occasion d’une projection-débat au cinéma Mercury.
Une voix de la raison, du réalisme, une voix juste mais ferme, qui n’hésite pas à dénoncer les atteintes à la paix de quelque bord qu’elles viennent, une voix qui prend en compte toutes les souffrances de part et d’autre des “frontières” israëlo-palestiniennes.
Une voix qui affirme aussi que les solutions existent, à condition de sortir des schématisations et des crispations psychologiques stériles, parce qu’il est évident qu’aucun des peuples, israélien comme palestinien, ne va disparaître. Ils n’ont pas d’autre choix.

Je n’ai pas le temps de monter le film aujourd’hui, mais je vous en reparle demain ou après-demain.

juin 19, 2007 Posted by | Coups de coeur | Laisser un commentaire

Rachid Djaïdani, son film

rachid-film.jpg

BONUS DU JOUR: Rachid on TV, dans le 13h d’Elise Lucet sur France 2 (les 5 dernières minutes du journal du 29 mai)  http://jt.france2.fr/13h/

Ne vous fiez pas à la photo du film « Sur ma ligne » de Rachid Djaïdani. En fait, ce type-là est toujours en train de sourire et de se marrer (presque toujours), comme hier à Cannes, au festival de L’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID). Petit compte rendu perso, sur le film et sur le bonhomme. (Youtube ne marchait pas bien ce matin, alors j’ai chargé le film sur dailymotion, et il faut cliquer sur le lien « Rachid NB compress » ci-dessous; de nouveau des pbs de compression en ce moment…)

Dailymotion blogged video
Rachid NB compress
Video sent by karamazov

mai 26, 2007 Posted by | Coups de coeur | 11 commentaires

Les blogtrotters au Darfour

darf.jpgIl y a quelques temps, je vous avais parlé des « blogtrotters ». Les blogtrotters, c’est Tristan Mendès France et Alban Fischer, qui partent dans un endroit du monde pendant quelques jours, pour faire connaître des situations touchant aux droits de l’homme et aux enjeux de mémoires. Ils sont déjà partis au Cambodge en 2006 pour parler du génocide khmer, et en Turquie il y a quelques mois, pour traiter de la question du génocide arménien, sujet qui avait rencontré un vif succès sur leur blog et entrainé des discussions passionnantes. Parce que c’est justement ça leur spécificité: le blog en direct et l’interactivité. Jour après jour, des vidéos sont postées, sur lesquelles les internautes peuvent réagir et suggérer des idées pour les jours suivants.

Aujourd’hui, ils partent pour le Darfour:

Nous partons faire notre prochain video blog reportage à partir du 25 mai 2007 dans la région du Darfour (côté Tchad). Nous nous approcherons au plus près de la frontière avec le Soudan (possiblement jusqu’à la ville d’Abéché dans l’extrême-est du Tchad d’où nous essayerons d’émettre nos vidéos par satellite).
Nous tenterons de témoigner de la crise humanitaire qui sévit au Darfour aujourd’hui en suivant le travail de ceux qui agissent sur place auprès des réfugiés (ONG, acteurs associatifs…).

Le concept reste le même : une dizaine de jours de quasi-direct, des séquences tournées sur place mise en ligne le jour même, et l’interaction avec les internautes.

Pour les suivre, leur poser des questions, c’est là que ça se passe: http://www.blogtrotters.fr/

mai 24, 2007 Posted by | Coups de coeur | 3 commentaires

Hanif Kureishi: « Watchaaaa!! »

kuresihi-dipt.jpg

« La culture et la tendance à s’abandonner aux sens paraissent parfois bien proches. Les fondamentalistes religieux le savent, impossible de dissocier l’art du corps. La culture attaque toutes les certitudes et la pauvreté culturelle génère une forme de pauvreté délibérée. Mon père, en écrivant régulièrement et en restant déterminé à se faire publier, préservait une forme d’expression. »

Il y a deux mois, j’achète “Contre son Coeur” de Hanif Kureishi, parce qu’il y a marqué “Prix France Culture” dessus. A part ça, je n’en ai jamais entendu parler. Je ne le lis pas, je le met de côté, comme je fais souvent. Il y a deux semaines, je re-vois “My beautiful laundrette” à la télé, et re-comprend pourquoi j’adore ce film. Il n’y a guère plus d’une semaine, je m’aperçois que c’est Stephen Frears qui est le president du jury du festival de Cannes. Je me dis “ah ben tiens, c’est pour ça qu’ils ont repassé My beautiful laundrette”. Et puis, depuis deux semaines environ, depuis le 6 mai au soir pour être exacte, j’écume tous les livres qui trainent à la maison et que je n’ai pas encore lus. “Contre son Coeur” débarque après trois autres romans. Au fur et à mesure de ma lecture, je m’aperçois que son auteur, ce type dont je n’arrive pas à retenir le nom, est hors du commun. Arrivée au milieu du bouquin, il se met à parler de My beautiful Laundrette. Bon, je me dis qu’il l’aime bien aussi, ça doit être un type bien. Et puis au bout des deux tiers, je me dis “non mais il en parle tout le temps quand même, et puis de Stephen Frears aussi!”. Alors je lis la rubrique “Du même auteur”, et paf, bien évidemment je vois “My beautiful Laundrette”, “Sammy et Rosie s’envoient en l’air” etc… Je me sens comme prise dans un traquenard, presque un “crucible” comme disent les étudiants en litterature américains. Donc j’en parle, parce que je peux pas faire autrement, et parce qu’il faut que ça sorte, tellement c’est formidable.

“Contre son Coeur” est le récit d’un fils qui raconte les ambitions littéraires de son père, un employé de l’ambassade pakistanaise à Londres, écrivain assez raté et casse-pied avec sa famille, il faut bien le dire. L’occasion de parler de la communauté indo-pakistanaise, de sa vie en Inde, au Pakistan puis en Angleterre. La vie des parents, mais aussi du fils, qui lui, sera un écrivain reconnu et même célèbre (sauf pour moi, passons…). L’Angleterre tatchérienne, la fascination/repulsion pour le mouvement punk, les difficultés des “immigrés” pakistanais à se faire accepter (même ceux qui sont nés à Londres), et surtout les histoires de famille, à la fois tendres et ambiguës. Mais “Contre son Coeur” est avant tout un document sur l’expérience de l’écriture, celle de Kureishi en tout cas:

 « Au départ, on exprime des inquiétudes à demi conscientes, des craintes quotidiennes derrière lesquelles se dissimulent une force affective considérable qui pourrait passer pour de l’inspiration. Il vous faudra peut-être un moment pour déterminer si vous avez envie de modeler ce matériau jusqu’à en faire quelque chose d’achevé ou bien si votre enthousiasme s’évaporera à mesure que l’angoisse se dissipera et que d’autres histoires la remplaceront. Je m’aperçus que je détestais l’attente et la frustration sur laquelle repose toute forme de créativité. A mesure qu’on avance dans une histoire dont les possibilités se multiplient, le travail devient de plus en plus absorbant, fragmenté et chaotique. On se sent guetté par la schizophrénie à cause du déséquilibre mental qui résulte de l’évocation de ses élans intérieurs – l’amour, la haine, le dégoût, la fureur et la perversion-, incapable de se réveiller d’un cauchemar. On prend en horreur ce qu’on trouve mauvais dans son travail; on déteste le moi qui en est responsable. Comment alors réussit-on à ce que ce matériel soit non seulement une partie de l’oeuvre, mais aussi de soi-même? La réponse se tient dans l’aspect pénible de l’écriture. Organiser le déferlement de matériaux disparates et dérangeants peut déconcerter (…). Tout effort authentiquement créateur requiert un équilibre entre l’envie de terminer l’ouvrage et l’obligation de le laisser évoluer aussi loin que possible, aux confins de la folie acceptable, tout en restant un moyen de communication ».

C’est dense, c’est riche, ça parle philo, littérature et psychanalyse, ça part dans tous les sens tout en sachant revenir, c’est indispensable, ça vient de sortir en poche, et je m’en vais acheteter tous ses autres bouquins en me demandant comment j’ai fait pour passer à côté jusque là. Et ça me fait aussi penser que derrière les grands du cinema, il y a bien souvent des génies littéraires: Kureishi pour Frears, Carver pour Altman, et Arriaga pour Inarritu et Tommy Lee Jones, par exemple. Faut juste pas l’oublier!

“Contre son Coeur”, Hanif Kureishi, Editions Christian Bourgois. Ou en poche en 10/18.

mai 22, 2007 Posted by | Coups de coeur | 6 commentaires