Le poisson zèbre

Un poisson zèbre en vadrouille

Agitateur de l’année 2007

mcmurtry-james13-29-1.JPGJames McMurtry a gagné, en 2006, deux récompenses lors de la remise des trophées au cinquième Americana Honors & Awards show. Childish things et la chanson We can’t make it here anymore ont respectivement gagné les récompenses pour l’album et la chanson de l’année.
Si j’ai toujours beaucoup aimé James McMurtry, j’imagine que cette récompense est sans doute aussi un peu « politique », pour celui qui vient d’être élu « agitateur de l’année » par le magazine Esquire.
We can’t make it here anymore est en effet une charge contre l’administration Bush, son mépris des réels besoins du pays et ses dépenses de guerre, alors que le désespoir enfonce 40 millions de pauvres aux Etats-Unis. La chanson a été un énorme succès et continue à tourner en boucle sur les radios américaines.
Voici une petite vidéo faite par un internaute sur la chanson. Je vous ai rajouté une petite traduction approximative en commentaire, au cas où, même si, bien évidemment, aucune traduction ne remplace la force, le souffle et les rimes de l’original !

mars 29, 2007 - Posted by | America

2 commentaires »

  1. On n’y arrive plus par ici

    Il y a un veteran du Vietnam avec une affiche en carton
    Qui est assis là, à côté de la voie de gauche
    Le drapeau accroché à son fauteuil roulant flotte au vent
    Une jambe manquante et deux mains libres
    Personne ne fait attention à lui
    Il ne reste presque plus rien du budget aux anciens combattants
    Et pourtant y en a plein qui reviennent du moyen orient
    On n’y arrive plus par ici

    Ce gros bâtiment était une usine textile qui faisait bouffer nos enfants et payait les factures
    Mais ils nous ont virés et fermé les portes
    On n’y arrive plus par ici

    Regardez ces palettes sur le quai
    Elles vont rester là jusqu’à ce qu’elles pourrissent
    Parce qu’il n’y a plus rien à empaqueter, plus rien à envoyer
    Juste du vieux béton et des rails rouillés
    Des magasins vides autour du square
    Une seringue dans la plaque d’égoût et du verre cassé
    Vous venez pas ici à moins de vouloir en découdre
    On n’y arrive plus par ici

    Le bar est toujours ouvert mais bon dieu c’est long
    Le bocal à pourboire est léger et la caisse à sec
    Le barman n’a pas grand chose à raconter
    Les habitués ne viennent plus
    Certains ont fait fondre leurs cartes de credits
    D’autres ont deux boulots et vivent dans des voitures
    Le revenu minimum ne suffit ni pour un toit, ni pour un verre
    Si vous croyez que c’est facile Monsieur CEO essayez par vous-même
    De voir jusqu’où on va avec $5,15 de l’heure
    Prenez un mi-temps dans un de vos magasins
    On parie que vous n’y arriverez plus?

    Il y a une lycéenne avec un rêve bourgeois
    Tout à fait comme dans les photos des magazines
    Elle a trouvé sur le sol de la laverie une mère et ses gosses
    Si elle tombe enceinte, qu’est-ce qu’elle va faire?
    Oublier sa carrière, oublier l’école,
    Est-ce qu’elle pourra vivre sur sa foi, sur l’espoir?
    Vivre accro à Jésus ou à la dope?
    Ils disent qu’il est trop tard pour simplement dire non
    On n’y arrive plus par ici

    Je suis en train d’empiler des chemises au Wal-Mart
    Juste comme celles qu’on faisait avant
    Sauf que celles-ci viennent de Singapour
    Je suppose qu’on n’y arrive plus par ici

    Est-ce que je devrais détester les gens pour la couleur de leur peau,
    Pour la forme de leurs yeux ou pour la forme que je tiens en ce momentt
    Est-ce que je devrais les détester pour travailler à notre place
    Non, je déteste juste les types qui ont envoyé nos boulots si loin
    Je peux les voir ils hantent mes rêvent
    Tout propres et blancs
    Ils n’ont jamais connu l’envie, ils n’ont jamais connu le besoin
    Leur chemise pue pas et leurs gosses ne saignent pas
    Leurs gosses ne saignent pas dans leur fichue guerre
    Et nous on n’y arrive plus par ici

    On travaillera pour bouffer et on mourra pour le pétrole
    Ils tureont pour le pouvoir et à nous le gâchis
    Les milliardaires paient moins d’impôts
    Les travailleurs pauvres tombent à travers les fissures
    Laissons les donc manger des fayots et des gâteaux
    Laisson-les manger de la merde ou ce qu’il faut
    Ils peuvent toujours rejoindre l’air force ou la marine
    S’ils n’y arrivent plus par ici

    Voilà comment ça se passe et ce qui nous reste
    Que le président l’admette ou pas
    On peut lire tout ça dans le journal, le lire sur les murs,
    L’entendre dans le vent si on fait attention
    Sortez de cette limousine, regardez nous dans les yeux
    Appelez nous au téléphone et dites nous pourquoi

    A Dayton, Ohio, ou à Portland, Maine
    Ou les machines à coton dans les grandes plaines
    Tout ça c’est fermé, comme les écoles,
    Et l’hôpital et la piscine
    Les tourbillons de sable dansent dans la chaleur de midi
    Y a des rats dans l’allée et des poubelles dans les rues
    Des graffiti de gangs sur les wagons
    On n’y arrive plus par ici

    (We can’t make it here anymore peut aussi se comprendre comme un « ça ne peut plus durer », merci aux copains)

    Commentaire par lepoissonzebre | mars 29, 2007

  2. L’Amérique comme on ne l’aime pas
    L’Amérique comme on l’aime
    le ton de la chanson est plus »on n’y arrive plus par ici » que « ça ne peut plus durer »
    Bravo PZ pour cette découverte

    Commentaire par patrick mottard | mars 31, 2007


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :