Agitateur de l’année 2007
James McMurtry a gagné, en 2006, deux récompenses lors de la remise des trophées au cinquième Americana Honors & Awards show. Childish things et la chanson We can’t make it here anymore ont respectivement gagné les récompenses pour l’album et la chanson de l’année.
Si j’ai toujours beaucoup aimé James McMurtry, j’imagine que cette récompense est sans doute aussi un peu « politique », pour celui qui vient d’être élu « agitateur de l’année » par le magazine Esquire.
We can’t make it here anymore est en effet une charge contre l’administration Bush, son mépris des réels besoins du pays et ses dépenses de guerre, alors que le désespoir enfonce 40 millions de pauvres aux Etats-Unis. La chanson a été un énorme succès et continue à tourner en boucle sur les radios américaines.
Voici une petite vidéo faite par un internaute sur la chanson. Je vous ai rajouté une petite traduction approximative en commentaire, au cas où, même si, bien évidemment, aucune traduction ne remplace la force, le souffle et les rimes de l’original !
2 commentaires »
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On n’y arrive plus par ici
Il y a un veteran du Vietnam avec une affiche en carton
Qui est assis là, à côté de la voie de gauche
Le drapeau accroché à son fauteuil roulant flotte au vent
Une jambe manquante et deux mains libres
Personne ne fait attention à lui
Il ne reste presque plus rien du budget aux anciens combattants
Et pourtant y en a plein qui reviennent du moyen orient
On n’y arrive plus par ici
Ce gros bâtiment était une usine textile qui faisait bouffer nos enfants et payait les factures
Mais ils nous ont virés et fermé les portes
On n’y arrive plus par ici
Regardez ces palettes sur le quai
Elles vont rester là jusqu’à ce qu’elles pourrissent
Parce qu’il n’y a plus rien à empaqueter, plus rien à envoyer
Juste du vieux béton et des rails rouillés
Des magasins vides autour du square
Une seringue dans la plaque d’égoût et du verre cassé
Vous venez pas ici à moins de vouloir en découdre
On n’y arrive plus par ici
Le bar est toujours ouvert mais bon dieu c’est long
Le bocal à pourboire est léger et la caisse à sec
Le barman n’a pas grand chose à raconter
Les habitués ne viennent plus
Certains ont fait fondre leurs cartes de credits
D’autres ont deux boulots et vivent dans des voitures
Le revenu minimum ne suffit ni pour un toit, ni pour un verre
Si vous croyez que c’est facile Monsieur CEO essayez par vous-même
De voir jusqu’où on va avec $5,15 de l’heure
Prenez un mi-temps dans un de vos magasins
On parie que vous n’y arriverez plus?
Il y a une lycéenne avec un rêve bourgeois
Tout à fait comme dans les photos des magazines
Elle a trouvé sur le sol de la laverie une mère et ses gosses
Si elle tombe enceinte, qu’est-ce qu’elle va faire?
Oublier sa carrière, oublier l’école,
Est-ce qu’elle pourra vivre sur sa foi, sur l’espoir?
Vivre accro à Jésus ou à la dope?
Ils disent qu’il est trop tard pour simplement dire non
On n’y arrive plus par ici
Je suis en train d’empiler des chemises au Wal-Mart
Juste comme celles qu’on faisait avant
Sauf que celles-ci viennent de Singapour
Je suppose qu’on n’y arrive plus par ici
Est-ce que je devrais détester les gens pour la couleur de leur peau,
Pour la forme de leurs yeux ou pour la forme que je tiens en ce momentt
Est-ce que je devrais les détester pour travailler à notre place
Non, je déteste juste les types qui ont envoyé nos boulots si loin
Je peux les voir ils hantent mes rêvent
Tout propres et blancs
Ils n’ont jamais connu l’envie, ils n’ont jamais connu le besoin
Leur chemise pue pas et leurs gosses ne saignent pas
Leurs gosses ne saignent pas dans leur fichue guerre
Et nous on n’y arrive plus par ici
On travaillera pour bouffer et on mourra pour le pétrole
Ils tureont pour le pouvoir et à nous le gâchis
Les milliardaires paient moins d’impôts
Les travailleurs pauvres tombent à travers les fissures
Laissons les donc manger des fayots et des gâteaux
Laisson-les manger de la merde ou ce qu’il faut
Ils peuvent toujours rejoindre l’air force ou la marine
S’ils n’y arrivent plus par ici
Voilà comment ça se passe et ce qui nous reste
Que le président l’admette ou pas
On peut lire tout ça dans le journal, le lire sur les murs,
L’entendre dans le vent si on fait attention
Sortez de cette limousine, regardez nous dans les yeux
Appelez nous au téléphone et dites nous pourquoi
A Dayton, Ohio, ou à Portland, Maine
Ou les machines à coton dans les grandes plaines
Tout ça c’est fermé, comme les écoles,
Et l’hôpital et la piscine
Les tourbillons de sable dansent dans la chaleur de midi
Y a des rats dans l’allée et des poubelles dans les rues
Des graffiti de gangs sur les wagons
On n’y arrive plus par ici
(We can’t make it here anymore peut aussi se comprendre comme un “ça ne peut plus durer”, merci aux copains)
Comment par lepoissonzebre | mars 29, 2007
L’Amérique comme on ne l’aime pas
L’Amérique comme on l’aime
le ton de la chanson est plus”on n’y arrive plus par ici” que “ça ne peut plus durer”
Bravo PZ pour cette découverte
Comment par patrick mottard | mars 31, 2007